L’ubérisation du transport de marchandises : Bonne ou mauvaise chose ?

Commençons par une définition de ce qu’est l’ubérisation de l’économie ou de la société.
Ce concept désigne un phénomène économique et social récent qui implique l’utilisation de services permettant aux professionnels et aux clients de se mettre en contact de manière instantanée en utilisant les nouvelles technologies.

Pour prendre un exemple au hasard : Uber met en relation les chauffeurs avec les particuliers par l’entremise d’une simple application mobile.
Internet haut débit, combiné aux téléphones intelligents et à la géolocalisation, voilà les seuls éléments nécessaires pour généraliser ce schéma à d’autres secteurs.

Est-ce qu’il est possible de mettre en pratique ce système sur le secteur du transport de marchandises ? C’est ce que nous allons analyser dans le cet article.

Quid d’une ubérisation du transport de marchandises ?

 

Vous l’avez surement déjà deviné, l’application du schéma Uber est très aisément applicable au transport de marchandises.
Les progrès technologiques permettent l’ultra-connectivité des transporteurs à leur environnement. On parle même aujourd’hui de « camions digitaux », liés par la technologie à leur environnement, mais aussi à tous les acteurs de la chaîne de livraison, clients finaux inclus !

Une ubérisation du secteur des transports de marchandises semble inévitable en ce qui concerne les colis, la poste et toutes les marchandises de petit volume qui ne nécessitent pas de conduire un camion spécialisé requérant la possession d’un permis spécifique.

Uber déjà dans la course !

 

Déjà en décembre 2016, Uber se positionnait sur le secteur des transports de marchandises avec le lancement de l’alpha de son application « Uber Freight », une plateforme virtuelle mettant en relation les transporteurs avec les clients. Par l’entremise de l’application, se met en place une forme de co-camionnage spécialisé dans le transport de fret en tout genre.

Jusqu’ici, les entreprises expéditrices étaient obligées de passer par les services d’une compagnie de courtage qui négociait les tarifs auprès des transporteurs, prenant au passage une commission allant généralement de 15 à 20%.
L’arrivée d’Uber sur le marché permet globalement de supprimer des intermédiaires, ce qui induit forcément une diminution des coûts ou des prix.

Au cours de l’année 2016, Uber a également fait l’acquisition de la startup Otto pour plus de 700 millions de dollars. Ainsi, Uber se positionne clairement sur le marché des camions digitaux et des camions autonomes. Innovation disruptive qui pourrait lui permettre de changer totalement le visage du secteur du transport de marchandise et ainsi créer une énorme différence avec ses compétiteurs potentiels.

Ubérisation du transport de marchandises, quelles conséquences ?

 

Pour ce qui est du transport de marchandises « classiques », les petits colis commandés sur internet ou les services postaux, pour ne nommer qu’eux, il est clair que l’ubérisation induirait un remplacement pur et simple des sous-traitants, dont le statut est légiféré, au bénéfice de petits autoentrepreneurs reliés à leur supérieur par la technologie.

La praticité et la flexibilité apportées par ce schéma économique auraient vite raison des petits transporteurs, car :

  • Il ne souffre pas des contraintes qui pèsent sur les épaules des entreprises de transport « classiques ».
  • Il n’impose pas à ses employés d’effectuer un volume horaire spécifique, permettant à tout un chacun de travailler et de s’intégrer très simplement à ce schéma économique.
    On parle ici d’une nouvelle forme d’économie collaborative, bien plus flexible et réactive, mais qui souffre encore de quelques problèmes, notamment au niveau des conditions et de l’absence de stabilité du travail.
  • Il permet d’éviter un bon nombre de charges et cotisations sociales. Ce qui permet notamment à Uber de pratiquer des tarifs bien inférieurs aux autres acteurs du même secteur (d’où les accusations de concurrence déloyale avancées par les compagnies de taxis en Europe et en Amérique du Nord).

 

Conclusion

 

Une ubérisation du secteur des transports est donc déjà en marche et paraît inévitable. Elle touche aujourd’hui de nombreux pans de nos sociétés, tant et si bien qu’elle est qualifiée de « nouvelle économie collaborative », par opposition à l’ancienne économie.
Cette fracture a été mise en lumière lors des affrontements entre Uber et les compagnies de taxis les accusant de ne pas respecter les règles qui prévalaient jusque-là.

Il convient cependant de ne pas oublier certaines problématiques essentielles, directement liées au phénomène d’ubérisation, qui prennent tout leur sens lorsqu’on les applique au secteur des transports de marchandises.

Je pense notamment à la protection des données et informations du consommateur, à l’identification des clients supposément anonymes, etc.
Informations qui offriraient à Uber la possibilité de capter tous les marchés en utilisant une base de données gargantuesque, mettant en relation tous les clients de toutes les entreprises faisant appel à ses services de transport de marchandises… À méditer !

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